Un handicap qui ne se voit pas.
Les gens ne le voient pas. Une personne handicapée ne ressemble pas
à ça. Une personne handicapée, ça se voit, ça nous frappe. Les
gens regardent, ils voient, je pense. Mais ils voient ce qu'ils
veulent voir, et puis aussi ce qu'ils peuvent. Ne pas le montrer, le
handicap. Mais vouloir tellement être pris, soi, avec ce foutu
handicap. Pris au piège. Vouloir qu'on prenne en compte sa
différence, même invisible... Ce que l'on ressent au quotidien.
Mais comment faire quand il n'est pas visible, et qu'on ne peux pas
le montrer ? En parler, c'est possible. C'est un bon début. Mais on
remarque que ce que l'on voulait transmettre, exprimer, ne passait
pas comme on le voudrait. Avoir l'impression de vivre avec un monstre
invisible. Il fait mal, il nargue, se moque, ce monstre. Il sait bien
que personne ne peut le voir, et il nous fait passer pour fous. Ne
pas pouvoir faire ce que les autres font. (mais qui sont « ces
autres » ?). Ou pas au même moment. Ou pas pareil. Le monstre
dort, puis se réveille. Parfois donc, la tranquillité est là, on
fait ce que l'on veut, avec « ces autres ». Et d'un coup,
plus rien. La douleur se fait sentir, et le rythme ralenti,
brusquement. On se dérobe alors à ses responsabilités. Ne plus
pouvoir bouger. Etre allongée. Vouloir crier : « attendez-moi
! »
Et on saute dans le positif
Quand l'incapacité de faire est
là, on passe outre. Ça ne veut pas dire qu'on ne va pas faire. Bien
au contraire. Il va s'agir de faire différemment, au bon moment. Il
n'y a donc plus de douleur, ni de frustration. On va proposer autre
chose, quelque chose que probablement personne n'avait encore
proposé. On est unique, et en fait, c'est peut-être une chance à
saisir. Une chance d'être différent, et de faire différemment. Une
richesse inouie, brut. Une pierre précieuse.
Fermez-moi des possibles, et je
vous en imaginerai des milliers d'autres
Et
toi, c'est quoi ton « monstre »?
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